La stévia et l’alimentation cétogène

La stévia (Stevia rebaudiana) est une herbe riche en nutriments connue comme « feuille sucrée ».  Présentée comme « plante magique » y compris sur un plan biochimique. Pour les cétoniens, elle présente l’intérêt d’être un édulcorant (=pouvoir sucrant) sans calorie ni réponse glycémique.

Des voix s’élèvent cependant pour mettre en garde contre son usage, ses effets secondaires ou au contraire célébrer ses bénéfices pour la santé. J’ai compilé des dizaines d’études pour toi pour en fait une ressource facile à lire. D’ici à la fin de l’article, tu en sauras plus que 99% des médecins dans le monde.

Si tu partages, tu gagneras un bonus de points de karma.

En tant que cétonien, tu détestes le sucre. Tu détestes le glucose, le fructose, le sucralose et même l’aspartame et la saccharine. Heureusement pour toi, il y a un petit dernier qui est arrivé sur le marché, ta (future) meilleure amie, la Stévia.

La Stévia est un vieux bébé. Elle a été utilisée pendant plus de 1500 ans par les indiens Guarani, au Paraguay, dans l’ignorance la plus complète de Big Food.

La stévia fait partie des astéracées comme l’artichaut, la laitue ou la chicorée. Son extrait est utilisé comme édulcorant et substitut au sucre. La Stévia appartient, selon la base de données de l’USDA, au groupe des édulcorants non-nutritifs. Cela signifie qu’elle n’apport ni calorie, ni vitamine ni autre nutriment – trop génial, non ?

fresh stevia herbs closeup in pure white background

Les indiens Guarani boivent du thé de yerba mate sucré au feuilles crues de Stévia depuis des centaines d’années, bien avant que les hippies yogistes de l’ouest américain sautent dans le wagon des thés d’herbes et de la Stévia.

La Stévia est utilisée aujourd’hui de diverses façons : des feuilles crues dans les thés japonais aux produits transformés en poudre ou liquides des sodas ou même à la maison pour la cuisine. Cette plante est ridiculement sucrée.

Ce goût sucré vient de deux stéviols glycosides  : stevioside et rebaudioside. Le plus sucré est rebaudioside (350 à 450 fois le pouvoir édulcorantdu sucre de table) ; c’est aussi la partie la moins amère de la plante. Stevioside est le glycoside de stéviol au goût un peu amer dont tout le monde se plaint.

L’utilisation de la Stevia rebaudiana (Bertoni) a été approuvée en Europe en 2011. Les Etats-Unis ont autorisé l’utilisation des extraits de la plante en 2008.

La question est de savoir maintenant si ce produit miraculeux est bon ou pas pour toi. Prends donc une tasse de thé vert, et étudions d’un peu plus près la question

Stévia : les bons côtés

La Stévia est très sucrante, sans calorie : c’est donc un point positif si tu as décidé de rayé de ton alimentation le maximum de glucides assimilable possible.

Est-ce qu’il y a d’autres bénéfices à la Stévia ? Les indiens Guarani l’ont utilisé pendant des centaines d’années pour sucrer leur thé et se clarifier l’haleine. Est-ce que pour autant leurs affirmations des pouvoirs bénéfiques de la stévia sont véritables ?

Dans les années 70, le Japon a commencé à cultiver de la Stévia pour remplacer les édulcorants chimiques comme la saccharine après avoir découvert leurs propriétés potentiellement cancérigènes. Aujourd’hui, la Stévia prend 40% du marché des édulcorants au Japon. Elle est aussi utilisée de manière extensive dans les foyers nippons.

Et tu vas rire… on l’utilise là bas pour traiter les cas de diabète de type 2.

Tout se recoupe, n’est-ce pas ?

La Stévia contre le diabète

Des chercheurs ont en effet découvert que les stéviosides pouvaient améliorer la sensibilité à l’insuline de rats rendus insulino-résistants en raison d’une alimentation trop riche en fructose. Très bien, me dis-tu, mais je ne suis pas un rat.

Tu as raison. Il y a aussi eu des recherches pour toi : d’autres chercheurs, qui avaient remarqué que « la consommation de boissons sucrées peut être une des causes alimentaires de désordres métaboliques, comme l’obésité« , ont trouvé que que les consommateurs humains de stévia avaient une glycémie postprandiale (=après manger) et des niveaux d’insuline plus faibles comparé au consommateurs de sucrose ou d’aspartame.

L’intérêt nutritionnel voire de santé publique de la stévia a été démontré, notamment, dans l’édulcoration de chocolats de bonne qualité. D’une manière générale, toutes les études vont dans le même sens : la stévia est recommandée pour la gestion des diabètes de type 2 ainsi que pous les problèmes rénaux que cette maladie induit ; il est probable qu’elle ait un effet anti-convulsant, ce qui va certainement intéresser les personnes souffrant d’épilepsie.

Pourquoi la stévia aurait-elle un effet de réduction de la glycémie, vas-tu me demander ? Et bien figure toi que les stéviosides agissent directement du les cellules bêta du pancréas, en stimulant la sécrétion d’insuline de manière directe – sans action cependant sur l’insulinémie à jeun [ref]Xiao J, Hermansen K. Diabetes 2005; 54: A131[/ref].

Stévia, mémoire et dommages oxydatifs

Une étude a trouvé aux stéviosides un effet anti-amnésique ou plus exactement un effet protectif pour la mémoire.

Tu peux poser ton thé vert, sauf si tu l’as sucré à la Stévia. La Stévia exhibe en effet un degré d’activité antioxydante très élevée avec un effet potentiellement plus important que le thé vert

Stévia et cholestérol

Des chercheurs ont montré que la prise de stévia à long terme avait un effet de réduction du cholestérol  – bien que prise à haute dose dans un cadre de laboratoire. Cependant, de manière plus pratique, ils ont également montré que pris avec de l’inuline, les stéviosides augmentaient les HDL (le « bon cholestérol ») et réduisait les autres lipides du sang.

Stévia, hypertension et pression sanguine

Une étude de long terme (2 ans) a montré que la prise de stévioside chez des patients moyennement hypertendus faisait décroitre de manière significative leur tension systolique et diastolique, sans effet secondaire. Les mêmes effets ont été constatés sur des chiens anesthésiés.

Stévia et Athérosclérose

Un traitement par des stéviosides permettrait d’inhiber le développement des plaques d’athérosclérose et de permettre leur stabilisation.

Stévia et Cancer

Une étude japonaise portant sur des rats a montré des résultats intéressants et encourageants : réduction de l’occurence de tumeurs, dommages moins sévères. Il semblerait que les stéviosides aient des propriétés anti-cancer in-vitro. Ce qui est intéressant est l’effet de la stévia pour la chémoprévention des cancers.

Stévia et microorganismes

Les extraits de feuille de stévia montrent des propriétés antivirales et antimicrobiennes ainsi qu’antifongiques, y compris sur des bactéries pénibles comme Eschérichia coli [ref] Tomita T, Sato N, Arai T, et al. Microbiol Immunol 1997; 41: 1005-9. ; Ghosh, S, Subudhi E, Nayak S. Intern J Integrat Biol 2008; 2: 27-31[/ref] ; un thé de stévia inhibe la duplication du rotavirus humain en empêchant in vitro l’attachement du virus aux cellules [ref]Tomita T, Sato N, Arai T, et al. Microbiol Immunol 1997; 41: 1005-9Xi Y, Yamaguchi T, Sato M, Takeuchi M. Japan Soc Food Sci Technol 1998; 45: 310-6[/ref]

La Stévia comme substitut au sucre

Je ne vais pas t’apprendre que le sucre est toxique. Otto Warburg, prix nobel de médecine en 1931, en faisait déjà le constat.

En qualité de cétonien, tu as de toutes façons renoncé au sucre, je ne vais donc pas t’en remettre une couche.

Comme toute cette lecture t’a sûrement donné faim et que le thé vert ne nourrit pas, je t’offre un bonus

Remplacer le sucre par de la Stévia ?

La stévia se cuit. Elle est résistante à haute température et son ph est stable ; elle résiste également à la congélation et est soluble dans l’eau, ce qui est parfait pour les cookies.

Et les effets secondaires ?

Tu as sûrement entendu parler des effets secondaires toxiques de la Stévia. Bien entendu, ceux qui t’en parlent omettent de mentionner les risques accrus de cancer du sein [ref]Agurs-Collins T, Rosenberg L, Makambi K, Palmer JR, Adams- Campbell L. Am J Clin Nutr 2009; 90: 621- 8 ; Bradshaw PT, Sagiv SK, Kabat GC, et al. Cancer Causes Control 2009; 20: 1509- 1515. ; Tavani A, Giordano L, Gallus S, et al. Ann Oncol 2006; 17: 341-5[/ref], de cancer du pancréas [ref]Larsson SC, Bergkvist L, Wolk A. Am J Clin Nutr 2006; 84: 1171-6[/ref], de l’augmentation de la fréquence des mutations de la muqueuse du colon [ref] Dragsted LO, Daneshvar B, Vogel U, et al. Cancer Res 2002; 62: 4339-45. [/ref] et des risques associés de cancer du colon [ref] Slattery ML, Benson J, Berry TD, et al. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 1997; 6: 677-85. [/ref] avec lesquels la consommation fréquente de « douceurs sucrées » est associée.

Les effets secondaires nocifs auxquels ta tante pourrait faire référence datent de vieilles études. C’est de la vieille science, un peu comme celle qui t’explique qu’il faut manger des glucides pour faire du sport. L’étude a été réalisée sur des rats et surtout, elle a utilisé en plus de ses extraits de stévia bouillis des morceaux de plante qui ne sont pas consommés. Enfin, il n’a utilisé qu’un seul dosage et non plusieurs pour établir ce qui est connu comme une relation de « dose à effet ».

La sûreté des extraits de stévia a été démontrée de manière répétée [ref]Takahashi K, Matsuda M, Ohashi K, et al. Antiviral Res 2001; 49 :15-24.[/ref] Les composants bioactifs des extraits de feuille de stévia n’entraient pas de risque de dommage génétique pour les humains [ref]Brusick, DJ. Food Chem Toxicol 2008; 46 Suppl 7: S83-91.[/ref]. Ils ne produisent pas d’effets secondaires négatifs sur la fertilité des animaux de laboratoires, la capacité à se faire des potes, la grossesse, le nombre de foetus, la croissance ou la fertilité de leurs descendants [ref]Shiotsu, S. Tech J Food Chem 1996; 4: 108-13. ; Oliveira-Filho RM, Uehara OA, Minetti CA, Valle LB. Gen Pharmacol 1989; 20: 187- 91. ; Geuns JMC, Bruggeman V, Buyse JG. J Agric Food Chem 2003; 51: 5162-7. ; Usami M, Sakemi K, Kawashima K, Tsuda M, Ohno Y. Eisei Shikenjo Hokoku 1995; 113: 31-5.[/ref].

Comme tous les aliments, le scénario principal dans lequel la stévia est sûre de t’apporter des problèmes, c’est si tu y est allergique. Une étude a montré que 16% des enfants souffrant d’allergies nasales , 34% des enfants souffrant d’asthme et 64% des enfants avec un eczéma atopique seraient allergiques à la stévia [ref]Kimata, H. Anaphylaxis by stevioside in infants with atopic eczema, Allergy 2007 : 62:565-572[/ref]. Généralement, les personnes qui sont allergiques à la stévia le sont également aux plantes de la famille des Compositae ou des Asteracea (chrysanthèmes, soucis, marguerites).

Le verdict : est-ce que la stévia est bonne pour les cétoniens ?

La Stévia possède des propriétés médicinales, anti-inflammatoires et anti-tumorales qui sont susceptibles d’amplifier les effets bénéfiques de l’alimentation cétogène. Elle n’entraine pas de réponse glycémique et n’apporte pas de calories. Tout cela en fait certainement le meilleur édulcorant pour les cétoniens.