Pourquoi le sodium est important en alimentation cétogène

Le sodium est un composant du sel. Dans un sel de bonne qualité, qui n’a pas été chauffé, mais a été récolté après avoir séché au soleil, comme le gros sel de Guérande par exemple, il y a 30 à 35% de sodium, mais aussi du magnésium, du calcium, du potassium (en très petite quantité). On a du t’expliquer déjà à quel point c’était mal de trop saler tes plats, que ça allait t’attirer des maladies cardiaques, de l’hypertension, bref, la mort.

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Et tu arrives chez les cétoniens qui te disent tout le contraire. Décidément, ça devient une habitude de prendre tout ce qu’on t’a appris à rebours ! En fait, l’explication est très simple.

On sait depuis la nuit des temps ou pas loin que les régimes alimentaires faibles en glucides sont natriurétiques (c’est plus joli que lorsqu’on dit que ça te fait pisser ton sodium mais c’est moins immédiatement compréhensible). Tu vas t’en rendre compte très rapidement si tu est à tendance oedémateuse, gonflé ou hypertensif : tout cela va s’évacuer naturellement pour ton plus grand soulagement. Une fois cette opération réalisée, tu vas te retrouver comme le commun des mortels placés sous alimentation faible en glucide…

Le sodium est utilisé par le corps pour équilibrer à l’extérieur des cellules la concentration des charges positives de potassium qui est à l’intérieur des cellules : un peu comme deux types qui se tiennent en équilibre en se poussant l’un l’autre. Entre les deux, l’enzyme ATPase joue le rôle d’une sorte de pompe qui maintient les deux éléments séparés et à leur place. Pour que les muscles, les nerfs et d’autres fonctions cellulaires fonctionnent correctement, les concentrations de chaque côté ne doivent pas différer sensiblement : tu imagines que si l’un des deux types décidait de retirer une main, l’autre se casserait la figure illico…

Quand il y a une restriction importante du sodium, comme dans le cas de notre alimentation natriurétique et si tu ne manges pas plus d’1,3 gramme de sodium par jour, le corps va répondre d’abord en métabolisant le liquide extracellulaire en réserve (plein de sodium) : c’est la raison pour laquelle les oedemes disparaissent. Puis, pour continuer à maintenir une concentration équivalente à celle du potassium intracellulaire, il va contracter ses vaisseaux sanguins pour réduire le volume circulant (et donc augmenter la concentration de sodium, puisqu’il y aura moins de volume).

Tadam ! Voilà les fameuses migraines, étourdissements et épuisement qu’on nomme keto-flu et qu’on dit inhérent aux débuts de la cétose.

Migraine

Si tu continues à ne pas écouter les conseils que les cétoniens plus aguerris te donnent, ton corps va faire secréter à la glande surrénale de l’aldostérone, pour que tes reins exrètent le potassium : comme il ne peut pas maintenir le niveau de sodium suffisamment haut, ton corps va trouver un équilibre en réduisant la concentration de potassium. Le problème, c’est qu’à moins que tu n’aies l’habitude de manger beaucoup de potassium, le corps va aller le chercher là où il se cache : dans les cellules.

Résultats ? Les nerfs et les muscles ne travaillent pas bien, tu as des crampes et des arythmies cardiaques. En plus, comme le potassium est un composant obligatoire des tissus maigres (les muscles, quoi), ton corps va commencer à détruire tes muscles pour en extirper le potassium.

Comment éviter tout cela ?

Manger du sel : environ 5 grammes par jour, selon les Dr Phinney et Volek répartis en 2/3 grammes dans l’alimentation et 2 grammes en buvant du bouillon. T’assurer, notamment en utilisant une application comme Cronometer, que tu consommes suffisamment de potassium et ne pas hésiter à te supplémenter si ce n’est pas le cas.