Cétose : la clé de l’alimentation cétogène.

La cétose, pourquoi ? La cétose est un état nutritionnel. Elle  permet de maigrir rapidement, de lutter contre le syndrome métabolique (diabète, hyper-tension), et plusieurs maladies comme Alzheimer ou Parkinson, tout en mangeant à sa faim. Je vais t’expliquer ses origines, si l’on peut l’exprimer ainsi, comment elle fonctionne et les nombreuses bénéfices à en tirer.

  1. L’alimentation cétogène dans le temps

Comme je sais que tu n’as pas envie d’un cours d’histoire, je vais faire vite. Juste de quoi te rassurer sur l’inocuité de cette alimentation et te donner quelques arguments au cas où ton médecin, tes collègues ou ta tante Hortense viendraient te critiquer.

a) Les Homme préhistoriques étaient en cétose sans le savoir

L’alimentation cétogène a permis à l’humanité, pendant des millions d’années, de croître et notamment de faire croire son cerveau. Les « chasseurs-cueilleurs » mangeaient certes quelques fruits, pendant l’été, mais ces fruits étaient assez pauvres en sucre, si on les compare à ceux d’aujourd’hui. Le peu qu’ils mangeaient leur permettaient d’ailleurs de prendre du gras autour des hanches et sur le ventre pour supporter les mois d’hiver. Est-ce que tu t’es demandé déjà ce qu’on pouvait bien manger dans l’Ecosse préhistorique pendant les 10 mois d’hiver ? Pourtant, des hommes et des femmes ont cru, se sont reproduits, ont donné la vie, bref, se sont multipliés sans manger de pain, de pâtes, de pizza ou de Magnum classic.

L'homo erectus était en cétose sans le savoir

b) Les bienfaits de la cétose ont été utilisés pour un amaigrissement durable dès le XIXème

Cette alimentation est peu à peu tombée dans l’oubli. La faute sans doute aux avantages des céréales, moins onéreuses que la viande ou même le gras (qui provenait principalement de la viande, d’ailleurs) [ref]Les dernières descriptions datent de Stefansson (V.) : The Friendly Arctic, 1921, New_York : The Macmillan co ; Orr (J.B.) & Gilks (J.L.) : Studies of nutrition : The physique and health of two African tribes, Spec. Rep. Ser. Med. Res. Coun., London, 1931, 155 ; Catlin (G.) : Letters and Notes on the Manners, Customs, and Conditions of North American Indians, Vol 1&2, 1844 : reprinted Dover Pubs, NY, 1971[/ref].

Elle a été ressuscitée à la fin du XIXème siècle dans un objectif de lutte contre le surpoids [ref]Par le chirurgien londonnien William Harvey, qui a décrit dans sa Letter on corpulence, en 1863, comment il a réussi à amincir son client, Mr Banting. Mr Banting a d’ailleurs donné son nom à la méthode qui était enseignée dans les écoles de médecine jusqu’à la fin des années 50)[/ref], puis dans les années 1920 non seulement avec la mise au point d’un régime destiné à traiter les enfants atteints d’épilpsie,mais également les travaux de médecins comme le Dr Rollin Turner Woodyatt , ou le Dr Wilder ou même, en octobre 1963, le Dr Pennington qui a écrit qu’il reconnaissait traiter l’obésité en supprimant les féculents et le sucre et en les remplaçant par des lipides et des protéines.william_banting, précurseur de la cétose nutritionnelle

c) L’étrange retournement : la phobie du gras des années 70 et suivantes

Puis, en l’absence de la moindres données scientifiques pour l’appuyer, la recommandation de réduire la consommation de graisses à moins de 30% des calories ingérées s’est peu à peu imposée, jusqu’à déclencher, à partir des années 1980, une espèce de phobie du gras. On sait aujourd’hui que les scientifiques qui ont présidé à ces recommandations – et en particuliers les scientifiques qui ont influencé la création des recommandation nutritionnelles officielles aux Etats-Unis avaient été achetés par les industries du sucre. Je sais que tu as du mal à le croire et je parie que tu as relu la première phrase de mon paragraphe. Je vais te le réécrire pour que tu l’imprimes bien : aucune donnée scientifique obtenue par une étude indépendante respectant les règles de l’art n’a justifié la nécessité de limiter l’apport alimentaire de graisses, notamment saturées [ref]Une étude conduite par Zoe Harcombe et publiée dans le Open Heart Journal http://openheart.bmj.com/content/3/2/e000409.abstract[/ref]. Ca t’en bouche un coin, non ? Plus c’est gros, plus ça passe, il parait (on parle des mensonges, pas des bébés). La preuve. Voilà cinquante ans qu’on nous raconte n’importe quoi.

C’est tellement énorme, tu vas me dire, que tu commences à te demander dans quelle secte d’illuminés tu es tombé et ta souris commence à chercher la petite croix en haut à droite. C’est parfaitement ton droit, mais, pour appuyer mes dires, je t’informe que depuis 2013, la Suède recommande officiellement les régimes alimentaires pauvres en glucides. Que les informations que je te donne dans ce blog sont basées sur des études rigoureuses publiées dans des journaux prestigieux et corrélées avec des observations. J’ai été à ta place, je me suis aussi demandée si je n’allais pas mettre ma santé en danger.

Mais vois-tu, les glucides (les sucres, pour faire simple) ne sont pas du tout indispensables à la vie. C’est juste un mythe, une croyance.

2. La cétose, c’est quoi exactement ?

Pour comprendre l’intérêt de la cétose nutritionnelle, faisons un peu de physiologie (=comment a marche à l’intérieur de ton organisme)

Ce qu’on mange peut être divisé en 3 catégories, qu’on appelle macro-nutriments : les lipides (le gras), les protides (la viande et certaines légumineuses) et les glucides (les sucres, mais aussi les fibres alimentaires, les féculents). La plupart du temps, on retrouve un peu de tout dans les aliments. Par exemple, un avocat moyen de 227 calories contient 11,8 grammes de glucides, 23 g de lipides  et 2,7 grammes de protéines. Les aliments purs sont assez peu courants.

a) Le trajet des aliments et l’effet de l’insuline

Lorsqu’on mange, la nourriture arrive dans l’estomac, qui libère de l’acide chlorhydrique afin de décomposer la nourriture en petits composants. La nourriture continue son chemin et se retrovue dans le petit intestin. A cet endroit, des enzymes (des protéines) digèrent la nourriture en morceaux encore plus petits : le gras alimentaire va être décomposé en accides gras, les protéines vont être décomposées en acides aminés et les glucides sont décomposés en sucre [ref]principalement du glucose ; le fructose qu’on trouve notamment dans les fruits subi un traitement différent[/ref]. Une fois absorbés par le petit intestin, les acides aminés (qui viennent des protéines) et les sucres simples (qui viennent des glucides) sont envoyés dans le foie pour transformation. Les acides gras, eux (qui viennent des lipides) suivent un autre chemin.

Le pancréas se met à sécréter de l’insuline, une hormone extrêmement puissante. Lorsque tu manges quelque chose, en particulier des glucides, ta glycémie (=taux de sucre dans le sang) augmente, ce qui signale au pancréas (dont c’est le travail de se mettre au boulot) : trop de sucre dans le sang, c’est toxique pour l’organisme, donc il faut trouver un moyen de l’évacuer : et ça, c’est le travail de l’insuline.

Voici un schéma intéressant de la régulation de la glycémie en temps normal (image de ce site)

Régulation normale de la glycémie

Le travail de l'insuline - la clé d'une alimentation cétogène

Elle va commencer par remplir les stocks de glycogène : c’est du sucre modifié qu’on peut stocker dans le foie ou dans les muscles (environ 500 g pour une personne athlétique bien entrainée) ; elle va envoyer les acides aminés dans les cellules musculaires pour réparer et remplacer ce qu’il faut. Elle va également agir pour faire rentrer dans les cellules du corps le glucose, qui sera utilisé par chacune des cellules pour lui fournir l’énergie nécessaire à son fonction (contracter les cellules musculaires, bâtir des os,etc.).

Et le gras dans tout ça ?

Et le gras, dans tout ça ? Les acides gras en excès vont être immédiatement envoyés au stockage, transformés en triglycérides (le gras autour de ton entrecôte, c’est ça), sous l’action de l’insuline. Les sucres en excès : même traitement. Tout ce qui ne sert pas et ne peut pas être stocké dans le foie ou les muscles (qui ont une toute petite capacité de stockage) est envoyé dans les cellules adipeuses, tu sais, le blanc autour de la viande, les trucs mous sur tes hanches ou tes cuisses…

Le problème de tout ça, c’est lorsque tout ne fonctionne pas aussi bien que cela pourrait.

b) Les ratés du système insulinique

Plus tu secrètes d’insuline, plus tu es susceptible de voir tes cellules développer une résistance à l’insuline : il faudra plus d’insuline pour faire le même boulot, c’est à dire garder la glycémie dans les limites du raisonnable ; une des hypothèses avancées est que les cellules, qui sont trop exposées au glucose (parce qu’on mange trop de sucre), finisse par rendre plus difficile l’accès du glucose. En réaction, le pancréas secréterait plus d’insuline pour pousser plus fort le glucose dans les cellules. Il y a plus de glucose à errer dans but dans ton flux sanguin, et comme il y a aussi plein d’insuline à traîner, hop  le glucose est transformé, stocké en triglycérides et on n’en parle plus. Mais les cellules qui ne veulent plus laisser rentrer le glucose ont faim. Le souci . Elles ont dézingué la serrure et le glucose a du mal à rentrer.

Bref, je schématise à outrance mais ça t’explique pourquoi tu grossis alors que tu ne manges pas beaucoup (ça part au stockage) et pourquoi tu n’es jamais rassasiée (résistance à la leptine). Quand tu sauras en outre que la présence d’insuline empêche le déstockage du gras de tes cuisses et de tes hanches (l’insuline stoppe la production de lipase, l’hormone de brûlage des graisses), tu comprends aussi pourquoi tu n’arrives pas à maigrir alors que tu ne manges que de la viande blanche (=des protéines qui peuvent être transformées en sucres), des fruits (=sucre) et des légumes avec un peu de féculent sans aucun gras…

La cétose va changer tout ça.

c) La cétose, palliatif aux désordres causés par le glucose et l’insulino-résistance

Au début, c’est pareil. Tu manges (sauf que tu ne manges quasi pas de glucides), ta nourriture va dans ton estomac, puis ton petit intestin. Comme tu as mangé surtout des lipides et des protéines (disons que tu as fait un petit déjeuner d’œufs, de bacon avec un avocat et de la mayonnaise), ta glycémie va peu augmenter. Comme ta glycémie va peu augmenter, ton pancréas va rejeter peu d’insuline. Le faible taux d’insuline permet d’utiliser le gras stocké dans tes réserves personnelles (les adipocytes). L’utilisation des graisses par le corps fabrique des résidus qu’on appelle des corps cétoniques ou des cétones. Comme tu n’as pas mangé de glucose, ton foie augmente la production de cétones et utilise des protéines pour maintenir ta glycémie comme il faut (trop haut, c’est toxique, trop bas, aussi). Tu as bien lu : pour avoir suffisamment de sucre dans le sang, tu n’as pas besoin de manger du sucre, il suffit que tu manges des protéines. C’est génial, non ?

Source : http://mamanpat.over-blog.com/article-cetose-kesako-104243112.html

Schéma du mécanisme de la cétose (site de maman-pat)

Ce changement de carburant nécessite une période d’adaptation du corps (assez rapide) qui est surtout perceptible par les sportifs : leurs performances sportives vont baisser pendant quelques temps (entre 3 et 6 semaines).

Une fois « céto-adapté », tu vas alimenter les cellules de ton corps avec des lipides alors que jusqu’alors, tu le faisais avec des glucides.

Venons-en maintenant à la réponse à la question du début :

3. Pourquoi rentrer en cétose ?

Tu pourrais suivre un régime « low carb » (faible en glucides) et continuer à fonctionner au glucose sans rentrer en cétose, tu vas me dire. Ce n’est pas forcément un bon calcul. Si tu te mets à manger vraiment gras et à ne pas vouloir tomber en cétose, tu risques d’avoir trop de gras à circuler dans ton sang, gras qui ne sera pas utilisé et donc sera susceptible d’aller se coller sur la moindre inflammation dans tes artères. Parce que oui, si tu continues de carburer au sucre, les inflammations que tu pourrais avoir dans le corps vont perdurer.

Pour rentrer en cétose, il faudra manger moins de 50 grammes de glucides par jour, voire moins de 20 grammes si tu es comme moi très sensible aux glucides. D’une certaine manière, tu vas demander à ton organisme de changer quelques petites pièces dans ton moteur. Au lieu de rouler exclusivement au glucose, tu vas devenir hybride : tu pourras carburer aux cétones et au glucose. Classe, non ? Le bon côté, c’est que tu vas pouvoir mange du bacon, des oeufs, de la mayonnaise, du saumon, de la sauce hollandaise, de la crème, du fromage etc. sans culpabilité.

Les bénéfices de la cétose nutritionnelle

Ce n’est pas suffisant ? Ok. Les bénéfices de la cétose sont extrêmement nombreux, à tel point que beaucoup de personnes qui sont venues pour le régime cétogène restent toute leur vie avec une alimentation cétogène.

  • Les maladies et symptômes associés à la résistance à l’insuline vont progressivement s’effacer voire complètement disparaitre : le diabète de type 2, l’obésité, l’hypertension, le cholestérol et ce, sur le long terme sans effet secondaire pour les patients.
  • Les diverses inflammations dans le corps, causées par l’augmentation de la production de radicaux libres dans les mitochondries (en raison de la dégradation du glucose) vont s’atténuer ou se résorber, ce qui est très important puisque quasiment chaque maladie chronique est liée à une inflammation systémique y compris les maladies cardiaques, le cancer, les diabètes, le syndrome métabolique, l’obésité, le syndrome polykystique ovarien, les maladies auto-immunes, le syndrome du colon irritable, etc.
  • Les douleurs chroniques des articulations et des muscles vont s’apaiser
  • Les fringales soudaines vont s’estomper ; on parle souvent d’une sensation de délivrance d’une addiction
  • L’humeur générale s’améliore
  • Le sommeil s’améliore
  • Les idées sont plus claires, plus vives
  • De nombreuses maladies neuro-dégénératives sont ralenties – et on estime que la cétose est une prévention contre les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, la myopathie mitochondriale, même si la cétose n’est pas non plus une baguette magique qui préviendrait ou ralentirait toutes les maladies. Concernant le cancer, des espoirs existent, y compris parmi les chercheurs, notamment pour ce qui concerne les cancers de la peau, des poumons et du cerveau.

Le bacon : aliment phare de l'alimentation cétogène

4. La confusion entre cétose nutritionnelle et acidocétose diabétique

Pour terminer cet article, j’aimerai ajouter un paragraphe sur une confusion qu’on rencontre très souvent : la confusion entre la cétose nutritionnelle (celle dont je viens de parler) avec l’acidocétose que peuvent subir des personnes souffrant d’un diabète de type 1 (quand le pancréas ne fabrique pas d’insuline) voire certains cas un peu extrêmes de diabète de type 2 (quand le pancréas est épuisé et ne fabrique quasiment plus d’insuline).

Le sérum B-DHB, en cétose nutritionnelle, est compris entre 0.8 et 3 mMol/l chez un adulte qui ingère 20 g de glucides et 75 à 100 g de protéines par jour.
Dans le cas d’un adulte en jeune total (pas de glucides ni de protides), ce taux dépasse 5mMol/l.
On considère qu’un taux compris entre 0.5 et 5mMol est la réponse physiologique normale du corps à différents degrés de restriction de glucides et de protides alimentaires [ref] Volek J. & Phinney D. : The Art and Science of Low Carbohydrate Living, Beyond Obesity LLC, mai 2011, 318 p.[/ref]

L’acidocétose diabétique est, par contraste, un état instable et dangereux qui survient en cas de réponse pancréatique inadéquate pour réguler le sérum B-DHB. Dans ce cas, ce sérum est compris entre 15 et 25 mMol/l.

Comparer les deux reviendrait à mettre dans le même sac un crachin breton et des pluies torrentielles et dévastatrices au seul motif que les deux impliquent de l’eau…[ref] Volek J. & Phinney D. : The Art and Science of Low Carbohydrate Living, Beyond Obesity LLC, mai 2011, 318 p.[/ref]. La plupart des médecins ne sont absolument pas formés sur le sujet. Informez les !

7 thoughts on “Cétose : la clé de l’alimentation cétogène.”

  1. Bruno dit :

    Vraiment interessant. Ca va changer ma vie

  2. Giselyne Hénaire dit :

    Très instructif.

    1. Mais comment faites-vous pour laisser l’association des diabètes continuer à faire croire des mythes aux diabétiques? ( maladie incurrable, dégénérative, prendre des médicaments)

    2. Vous manquer à votre devoir de protéger et informer la population et surtout les diabétiques type 2?

    3. Qu’attendez vous pour faire /déposer
    une plainte au collège des médecins, qui ne peuvent agir sans recevoir une plainte officielle?

    4. Je veux faire une plainte, informer la population qui sont bombarder de publicité des cimpagnies de céréales, pains et sucre. Mais je n’ai pas votre connaissance médicale ni les noms des publications, etc.

    5. C’est de la lâcheté donc vous souffrer!
    En laissant les gens malades qui pourraient se soigner, guérir du diabète type 2, ( ce fut mon cas, en moins de 8 mois, je suis sortie du diabète type 2).
    S’il avaient l’appropriation/support du collège des médecins et une alternative scientifique à l’appui.

    J’ai pris connaissance des livres du dr Jason Fung.
    Malheureusement, mon médecin de famille n’avait aucune idée de l’alimentation low cabs et des bénéfices.

    Jai fait le régime low cabs malgré les réticences médicales et la desaprobation general ET DES LASSOCIATION DES DIETETICIENS qui vont à la télé contre le regime low cabs.

    Votre connaissance médical demeure INSIPIDE/NULLE, si vous permettez à des compagnies de rendent malades une population et que des médecins chercheurs ayant des preuves médicales se taisent.

    HONTE À VOUS!

    Cordialement,

  3. Clément dit :

    Si on fait low carbs comme les plants base je pense ca peux allez aussi
    Donc quand vous dites low carbs avec beaucoup de gras pouvez vous éclaircir car je suis parfois en cetose parfois low carbs et parfois je mange des carbs ds des situations particulières et je ne voudrais pas bloquer mes artères
    Je pensais que juste low carbs était bon a la base
    Merci

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