Maigrir ! Et si tu y arrivais enfin ?

maigrir et si tu y arrivais vraiment ?Maigrir. Si pour certains, il s’agit de quelques kilos de vanité (vous savez, cette copine qui vous dit : oh ! la! la! il faut que je perde deux kilos sinon je ne pourrais plus rentrer dans mon maillot de bain -taille 36), perdre du poids, pour d’autres, devient un but obsessionnel, un objectif jamais atteint, malgré des années d’effort. On se prive tout le temps, on ne mange quasiment plus jamais de dessert, on se résoud à prendre la ratatouille plutôt que des frites au restaurant, on se demande, avec une pointe de déprime, si on pourra jamais se regarder toute nue dans une glace en se trouvant belle. Alors on relativise, on dénonce la dictature des filles qui mangent une feuille de salade au déjeuner et au diner, on se dit que nous, au moins, en cas de famine, on ne fera pas partie des premières à mourir, on milite pour des modèles de taille normale dans les magazines, des photos non retouchées, etc. Il n’empêche qu’on n’arrive pas à ne plus se trouver grosse, dans son regard comme dans celui des autres. On veut maigrir ! Parfois, on regarde nos mères et nos grand-mère et on se demande si tout ça n’est pas génétique, si ça n’est pas fichu, si on n’est pas condamnées à manger du blanc de poulet avec des brocoli le dimanche midi tout ça pour juste arrêter de grossir.

Ca a été mon lot pendant 15 ans, alors je comprends ta tristesse et ton découragement. Tu as sans doute essayé tous les régimes raisonnables qui ont croisé ton chemin. Généralement, l’idée est de s’affamer en affirmant que ce n’est pas le cas avec des plats tristes à mourir et sans saveur. Et en plus, avec des résultats limités : 300 grammes si en plus tu fais un max de sport à côté. Jusqu’à ce que l’élastique de ta volonté craque (il y a toujours un moment où ça craque) et que en l’espace de 10 minutes, tu reprennes tout ce que tu as perdu, plus 10% pour le prix de la douleur.

Je n’étais pas loin d’abandonner. Après 15 ans de lutte quasiment permanente contre un surpoids de plus en plus envahissant, je n’étais pas loin de me résigner et de me dire que j’étais tout simplement incapable de maigrir.

Jusqu’à ce que je tombe sur l’étude de Gary Taubes Pourquoi on grossit, dans laquelle je me suis étrangement retrouvée.

Pourquoi on grossit ?

En premier lieu, il faut garder à l’esprit que maigrir ou grossir est une question de biologie et non de physique. On ne pourrait donc pas comparer cela à l’histoire d’une baignoire (toi) qu’on remplirait (ce que tu manges) et qui se viderait plus ou moins (tes dépenses énergétiques comme notamment faire du sport) : si le trou dans la baignoire est très grand ou si le robinet ne donne qu’un filet d’au, la baignoire se vide (tu maigris) ou si le trou dans la baignoire est tout petit et/ou que tu ouvres le robinet en grand, la baignoire se remplit (tu grossis). Je sais que c’est grosso modo comme cela qu’on te présente les choses mais malheureusement, c’est beaucoup plus compliqué. La preuve.

  • Il existe des tas de gens (tu en connais) qui mangent beaucoup et qui ne grossissent pas. Et d’autres qui mangent peu et qui grossissent.
  • Il y a des gens pour qui maigrir est facile et rapide et d’autres pour qui… c’est compliqué.
  • Il y a même des gens qui sont à la fois obèses et sous-alimentés.

Faisons cesser immédiatement le suspense. La vertu n’a généralement rien à voir avec le fait que les gens sont gros ou minces. Ceux qui sont minces ne le sont pas parce qu’ils se restreignent excessivement alors que les gros laisseraient libre cours à leurs instincts. Ce qui nous rend gros, la plupart du temps, est un désordre, inné ou acquis ça dépend des gens, des hormones de régulation de stockage des graisses.

Et parmi tous les coupables, toutes les causes complexes du fait qu’à 40 ans, on grossit et on n’arrive pas à maigrir, le plus évident a un nom : l’insuline.

L’insuline nous fait grossir

L’insuline est une hormone qui est libérée par le pancréas après que nous ayons mangé. Manger, en effet, augmente notre glycémie (taux de sucres dans le sang). Le corps est en effet programmé pour maintenir une glycémie stable (trop de sucre dans le sang est toxique) : on appelle cela l’homéstasie. L’insuline intervient pour faire baisser notre glycémie et la ramener à la normale.

L'insuline, la clé du régime cétogène

On peut voir l’insuline comme une hormone qui décide quoi faire du « carburant » qu’on a apporté dans le corps en mangeant. Energie ou stockage ? L’insuline et différentes enzymes vont décider ce qui ira dans quel tissu, combien sera brûlé pour fabriquer de l’énergie, combien sera stocké et comment cela sera modifié en fonction du moment et des besoins. C’est l’insuline qui va « décider » si elle accorde au corps plutôt beaucoup d’énergie ou bien si elle va plutôt stocker la plupart (les grosses cellules blanches qui s’accrochent sur tes hanches) et alors tu vas grossir et devenir toute molle. Les personnes très actives ont probablement la plupart de leurs apports caloriques qui est surtout oxydée sous forme d’énergie (les « piles électriques », les personnes toujours prêtes à bouger) alors que toi, quand tu manges la même chose, c’est surtout stocké sous forme de cellules adipeuses (et il n’y a pas beaucoup d’énergie à dépenser même si tu viens de manger un croissant).

Un autre facteur important est la sensibilité de tes cellules notamment musculaires, à l’insuline. Par des mécanismes qui ne sont pas encore très bien compris, les cellules peuvent devenir résistantes à l’insuline. Un des jobs de l’insuline est de faire entrer le glucose dans les cellules pour que ces cellules le transforment en énergie. Si les cellules deviennent résistantes à l’insuline, une quantité donnée d’insuline pourra faire rentrer de moins en moins de glucose. Le pancréas, voyant cela, envoit plus d’insuline en renfort. Plus d’insuline, et les cellules deviennent encore plus résistantes à l’insuline. Parrallèlement, les particules de glucose qui n’ont pas pu rentrer dans les cellules résistantes à l’insuline et errent dans le corps sont récupérées et transformées en gras.

Rien de cela n’est figé. En particulier, comment les tissus répondent à l’insuline évolue au fil du temps. En particulier, chez les femmes, la répartition entre ce qui est stocké et ce qui est brûlé est modifié lors de la grossesse. C’est la raison pour laquelle les femmes prennent du poids, parfois de manière disproportionné lorsqu’elles sont enceintes. Avec l’âge, c’est pareil, la tendance est de plus en plus au stockage et de moins en moins au brûlage. Avec cela, apparaissent d’autres désordres métaboliques : diabète, hypertension, augmentation des triglycérides, baisse du « bon » cholestérol (HDL).

Enfin, l’insuline est une hormone prédominante qui inhibe la lipolyse. La Lipolyse ? L’utilisation du gras stocké, si tu veux.

Je résume :

Manger sucré (sucres rapides ou sucres lents) = augmentation des concentrations d’insuline = (potentiellement) sur-stockage sous forme de graisses

Manger des sucres rapides = pics d’insuline = stockage rapide sous forme de graisses pour évacuer tout ce sucre en vitesse = chute de la glycémie = faim et retour au début de la ligne.

Manger souvent = maintien de hauts niveaux d’insuline = impossible de déstocker les graisses

Comment maigrir ?

Il faut inverser la tendance de l’insuline : arrêter les pics d’insuline, conserver une glycémie la plus stable possible. De cette manière, les cellules peu à peu redeviendront insulino-résistantes, et les graisses stockées pourront être relâchées.

Comment faire, te dis-tu ? C’est très simple : tu arrêtes le sucre.

Arrêter les glucides

Ton corps, privé de glucides (pas complètement : tu en mangeras entre 20 et 50g par jour), va devoir trouver autre chose pour te faire carburer. Et ce autre chose, il en contient une quantité qui, si elle n’est pas inépuisable, est très largement disponible. Imagine une femme de 60 kilos avec 28% de masse grasse : cela fait presque 17 kilos de gras, à 7000 kcalories le kilo, presque 120 000 calories disponibles, soit 60 jours. Pas mal, non ? Si on pouvait taper un peu dans les réserves, je suis sure que tu aimerais bien.

L’alimentation cétogène va mimer ce processus d’une manière qui soit saine et durable pour la santé.

Cela demande de changer de paradigme. De comprendre que tu es victime d’idées recues, à savoir que le gras, c’est le mal et il faut l’éviter à tout prix et que les glucides sont indispensables à une bonne santé.

Mais le gras, c’est la vie !

Avec une alimentation cétogène, tu vas arrêter de t’affamer. Tu vas arrêter d’avoir tout le temps faim parce que ton insuline est occupée à stocker la moindre miette que tu manges pendant que tes cellules crient famine. Tu vas sans doute pouvoir renverser ton diabète de type 2 et voir ton hypertension revenir à la normale (TOUJOURS se faire suivre par un médecin en cas de médication surtout contre l »hypertension et le diabète). Tu vas aussi, enfin ! pouvoir manger des trucs sympas : du bacon, des avocats et de la mayonnaise, des oeufs mimosa, un steack avec une tranche de fromage dessus, de la sauce hollandaise, des oeufs, du saumon fumé, bref, des tas de plaisirs que tu t’interdisais certainement.

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Moi aussi, je croyais que je ne pourrais jamais supprimer le pain. Le fait d’être facilement et réellement rassasié fait que ça ne me manque pas vraiment. Je me sens comme délivrée d’une addiction, libérée comme lorsque j’ai arrêté de fumer. Bien sûr, il y a des moments où l’odeur des frites ou la vue d’une tranche de pain beurrée me font saliver. Mais je pense aux 9 kilos perdus sans souffrance, à l’énergie que j’ai, et l’envie s’évanouit.

En mangeant cétogène (80% de gras, 5% de glucides et 15% de protéines), ton corps va modifier son métabolisme. Il va utiliser les acides gras que tu manges mais aussi ceux que tu stockes pour fournir de l’énergie à tes cellules. Ton taux d’insuline stable et bas va permettre en effet le destockage des cellules adipeuses ; les cellules, alimentées avec une source d’énergie contre laquelle elle ne font pas de résistance, vont tourner à plein régime. Tu es en permanence branchée sur une source de carburant. En outre, et j’aurai l’occasion d’en parler, maintenir l’insuline à des concentrations réduites et supprimer les glucides permet un rééquilibrage hormonal et la réduction des inflammations dans le corps.

Est-ce que c’est sain ?

Je reviendrai plus longuement sur le sujet, mais comme ça m’a beaucoup tarbustée au début, je préfère te répondre tout de suite : oui. Les études se multiplient pour affirmer le caractère sans danger de ce type d’alimentation pour la santé. Comment pourrait-il en être autrement, d’ailleurs, puisque c’est ainsi que les hommes se sont nourri et ont fait grandir leur cerveau il y a des millions d’années ? Fondamentalement, l’alimentation cétogène n’est pas un régime pour maigrir. On maigrit avec l’alimentation cétogène parce qu’on retrouve une normalité hormonale qu’on n’a jamais eue, ou qu’on avait perdue. L’alimentation cétogène permet de maigrir quand on n’y arrive plus ; elle permet de maigrir en perdant du gras et pas de la masse maigre, elle permet de maigrir en bonne santé, en respectant son corps. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que les Inuits, les Massai et les Indiens des Grandes Plaines, pour ne citer que ceux qui ont été scientifiquement étudiés, ont chassé, résisté à des conditions climatiques extrêmes et prospéré avec une alimentation cétogène. Bien formulée, cette alimentation est une formidable source d’énergie et de guérison, en même temps qu’un moyen efficace de perte de poids.

Comment commencer ?

En se documentant le plus possible, en comprenant bien le mécanisme de la cétose, et puis, en y allant, tout simplement !

 

2 thoughts on “Maigrir ! Et si tu y arrivais enfin ?”

  1. Zenobie dit :

    MERCI !

    En lisant les premiers paragraphes, je me suis tellement reconnue que j’en aurais pleuré, enfin quelqu’un qui connait mon sort et qui le comprend…….non ce n’est pas un problème de volonté parce que je connais tous les régimes et suis imbattable sur le nombre de calories de chaque aliments……mais voilà je me trompais de coupable…..et en lisant tout s’éclaircit…..alors encore merci…parce que j’ai comme l’impression de tenir le bon bout !

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