Idée recue sur l’alimentation cétogène #1 – Les glucides, indispensables ?

Une fois que tu auras fait ton coming-out sur ton alimentation cétogène, tu vas l’entendre sur tous les tons. Je me souviens d’une copine qui m’a regardée les yeux ronds en disant : « C’est une plaisanterie ? » Je lui aurai annoncé que j’avais l’intention de défiler avec une robe en viande au milieu d’une manif végane qu’elle ne m’aurait pas regardée autrement.

Pourtant, les faits sont là. Les glucides ne sont pas indispensables à l’alimentation humaine. On peut s’en passer toute sa vie. Ca s’appelle alimentation cétogène et c’est très bien pour la santé.

Récapitulons. Tous les aliments sont soit des protéines, soit des lipides soit des glucides. Les protéines sont des chaines complexes d’acides aminés qu’on trouve notamment dans la viande. Les lipides, en gros, c’est le gras. Les glucides, ce sont les sucres : sucres raffinés, sucres non raffinés, farines, féculents.

Le corps a besoin d’une minuscule dose de glucose pour alimenter certaines cellules hyperspécifiques. Mais comme c’est aussi une merveilleuse machine, il est capable de se débrouiller pour fabriquer ce qu’il lui faut grâce aux nutriments qui, eux sont absolument essentiels à notre bonne santé, les lipides et les protéines. Un processus appelé gluconéogenèse (retiens le, je vais t’en parler souvent) est un « processus par lequel notre métabolisme collecte et modifie le squelette carboné des acides aminés, la colonne vertébrale du glycérol des triglycérides et même l’acide lactique pour former du glucose » (oui, c’est très bien dit, c’est normal, ce n’est pas de moi mais de mes vieux copains les Dr Volek et Phinney dans The Art and Science of Low Carbohydrate Living).

Lorsque l’on mange des glucides, pas de problème, les quelques cellules qui ont besoin de glucose sont fournies. Lorsque l’on ne mange pas de glucides, pas de problème, les quelques cellules qui ont besoin de glucose sont également fournies. Les autres carburent aux cétones ou aux corps gras sans problème – voir mieux.

Imaginons maintenant que tu es en plein repas de famille, que tu viens d’attaquer le saucisson et que tu expliques à ta tante stupéfaite que ces 10 kilos que tu as perdus, tu les as perdus en mangeant cétogène, c’est à dire en privilégiant tout ce que tu t’interdisais jusqu’à alors : du bacon, des avocats, de la mayonnaise, de la viande de Wagyu, du fromage et de la double crème.

Si tu n’as pas une tante aussi cool que la mienne, elle va sûrement lever les yeux au ciel et te tapoter le bras en te disant que tu es obligée de maintenir une glycémie adéquate (=un bon taux de sucre dans le sang) et que par conséquent tu dois manger des glucides. Que c’est in-dis-pen-sable pour la santé. Que tu es encore en train de suivre une lubie américaine qui va te détraquer la santé. Tu peux la détromper sans crainte de crever de honte à la prochaine réunion de famille : le corps peut maintenir une glycémie parfaite sans jamais manger de sucre.

Stefansson, précurseur du régime cétogèneComment est-ce que je le sais ? Je ne vais pas t’assomer avec des références d’études scientifiques, surtout que c’est un peu long à citer dans les repas de famille. Si ça t’arrive, tu peux leur raconter l’histoire de  Vilhjalmur Stefansson (inutile de me demander comment on le prononce, je n’en sais rien, mais je l’aime quand même). Ce scientifique canadien a passé du temps à étudier les Inuits. Il a notamment passé du temps « en immersion », non pas comme un type qui sait observe les moeurs d’une peuplade de sauvage, mais comme un homme profondément curieux et intéressé par le mode de vie d’autres humains, qui s’adapte à leur vie jusqu’à l’épouser intimement. Après des mésaventures que Wikipédia te raconte très bien, il est revenu dans le monde occidental en expliquant que le régime alimentaire des Inuits était principalement basé sur de la viande grasse, donc des protéines et des lipides. Evidemment, il y a eu quelques esprits chagrins pour mettre en doute son rapport et ses observations. Stefansson a donc décidé de se soumettre à une expériementation au Bellevue Hospital de New-York. Pendant un an, il a suivi une alimentation apportant 15% de son énergie quitodienne sous forme de protéine, 80% sous forme de lipides et 5% sous forme de glucides (principalement du glycogène que l’on trouve dans la viande). Devine comment il en est ressorti au bout d’un an ? En pleine forme ! (sinon, tu penses bien que je ne t’en parlerai pas).

Tu peux aussi expliquer à ta tante assomante que les guerriers Massais, qu’on peut difficilement accuser de rachitisme, se nourrissaient de 1,2 kilos de viande (en premier lieu la langue, le foie et la moelle, le plus gras dans l’animal), 2 litres de lait entier et 500 ml de sang (pour le sel). Bien sûr, personne n’a mesuré le ratio là dedans, mais il est difficile d’y voir une corrélation avec le régime occidental actuel, n’est-ce pas ?

Plus simplement, demande donc à tes détracteurs comment faisaient les premiers Hommes qui vivaient dans des cavernes ? Qu’est-ce qu’on mange, quand on est un homme des cavernes et qu’on ne sait pas que les vaches se domestiquent ni qu’on peut faire pousser du blé ?

En fait, ton alimentation va désarconner les gens, parce qu’on porte, notamment dans nos sociétés, un attachement quasi religieux aux glucides. Les glucides sont, d’une certaine manière, un impératif culturel avec lequel il est difficile de rompre, surtout dans les pays latins. Le fait de rompre avec des macronutriments que nous avons appris à chérir (le pain et le vin des chrétiens notamments) comme des icones culturelles entraine « les gens » à penser que ce régime serait extrême ou dangereux pour la santé. Ce n’est pas parce qu’on aime le pain, les pizzas ou les fraises tagada qu’ils sont indispensables à notre santé. Bien au contraire.