Au secours, c’est céto !

ou comment on n’en finit pas d’effrayer les gens

Dernier article en date, celui de Futura Science, site pourtant spécialisé dans la science. Dommage qu’ils n’appliquent pas les principes élémentaires à leurs articles.

Ca commençait plutôt bien pour une fois.

Et puis la journaliste a du se dire qu’il fallait un peu contrebalancer toute la positivité qu’elle avait entassée au début de l’article et elle termine dans une apothéose de bêtises, de platitudes et de lieux communs qu’une recherche de 10 minutes sur Google aurait explosés.

On ne connait pas les effets à long terme d’un régime cétogène

 
Ben en fait… si. C’est un mode d’alimentation qui s’est répandu aux USA il y a un bonne vingtaine d’années, donc on a un peu de recul. Personne n’est mort, tout le monde va bien. A noter cependant que, au bout d’un certain temps, on a tendance à passer dans une version plus libérale de l’alimentation cétogène, voire à basculer en Paléo ou à alterner. Mais c’est surtout par gourmandise, pour des raisons pratiques ou sociales, pas des histoires de santé.
 
Un régime durablement déséquilibré induit en effet des carences en vitamines et minéraux et des risques de troubles cardiaques ou métaboliques
 
Comme par exemple le régime occidental actuel ? Répétons le, une alimentation cétogène bien formulée n’est pas déséquilibrée et apporte toutes les vitamines et les minéraux nécessaires. Ca signifie utiliser de bonnes graisses, pas les graisses végétales hydrogénées des frites, par exemple ; manger de la bonne viande, pas de la viande d’animaux élevés en cage, etc. Mais ce n’est pas spécifique à l’alimentation cétogène.
 
Un état d’acidose métabolique continu entraîne également une déminéralisation et un risque accru de déshydratation
 
Ça, c’est bien la première fois qu’on me la fait. Je présume qu’elle a lu un peu vite acido-cétose et qu’elle a fait un amalgame ? Le pH du sang ne varie pas en fonction de ce qu’on mange. La théorie de la déminéralisation a été testée plusieurs fois, sans aucun résultat.
 
Enfin, des taux élevés de corps cétoniques peuvent provoquer des insuffisances rénales voire des œdèmes cérébraux
 
Plus c’est gros, plus ça passe. Cela dit, je ne sais pas où elle a bien pu pêcher ça. Parce qu’en fait, l’alimentation cétogène est utilisée comme traitement pré-dialyse chez des patients dont les reins sont malades. C’est l’alimentation hyper-protéique chez les sujets atteints d’insuffisance rénale qui peut poser problème, mais le rapport entre cette alimentation et l’alimentation cétogène est mince : dans les deux cas, on mange, c’est tout.
 
Encore une fois, l’alimentation cétogène est victime de la difficile lisibilité de ses bons résultats et d’a priori tenaces.
 
Mais tenez-bon, mes chatons, on va finir par se faire reconnaître 😉